L’ICC mesure le coût de production des immeubles neufs à usage d’habitation en France métropolitaine. Créé en 1953 avec une base 100 fixée au quatrième trimestre de cette même année, cet indice INSEE reste ancré dans le paysage contractuel et statistique français pour des raisons qui dépassent largement la seule indexation locative.
Articulation de l’ICC avec les séries de coûts de production en base 2021
L’INSEE a procédé en 2024 à un rebasage des indices du coût de production dans la construction (base 2021 = 100), conformément aux directives européennes. Les anciennes séries en base 2015 ont été arrêtées au profit de nouvelles séries harmonisées.
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L’ICC conserve sa base historique (T4 1953 = 100), mais il intervient comme déflateur et point de comparaison dans les travaux de comptabilité nationale. Les analystes utilisent l’ICC pour recaler les évolutions de coûts de production sur une série longue couvrant plus de soixante-dix ans.
Cette profondeur temporelle le distingue de tous les indices créés ultérieurement. Aucun autre indicateur du bâtiment ne permet de remonter aussi loin avec une méthodologie stable et une publication au Journal officiel chaque trimestre.
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Méthodologie INSEE de l’ICC : enquête maître d’ouvrage et périmètre strict
L’ICC repose sur une enquête trimestrielle conduite auprès des maîtres d’ouvrage de logements neufs. L’échantillon couvre les permis de construire délivrés sur le territoire métropolitain. Les données collectées portent sur le coût total de la construction, hors terrain et frais financiers.
Ce périmètre exclut volontairement les DOM-TOM, les bâtiments tertiaires et les ouvrages de génie civil. Nous observons que cette restriction, parfois critiquée, garantit une cohérence sectorielle que des indices plus larges ne peuvent pas maintenir.

Le calcul intègre les coûts de main-d’œuvre, de matériaux et les charges liées au secteur du bâtiment. La publication suit un calendrier fixe :
- Janvier : valeur du troisième trimestre de l’année précédente
- Avril : valeur du quatrième trimestre de l’année précédente
- Juillet : valeur du premier trimestre de l’année en cours
- Octobre : valeur du deuxième trimestre de l’année en cours
La parution au Journal officiel confère à chaque valeur une force probante en cas de contentieux. Un indice non publié au J.O. n’offre pas cette sécurité juridique.
ICC composante de l’ILC et de l’ILAT : un rôle structurel dans les indices locatifs
L’ILC (indice des loyers commerciaux) et l’ILAT (indice des loyers des activités tertiaires) intègrent tous deux l’ICC dans leur formule de calcul. L’ICC y représente une pondération significative aux côtés de l’indice des prix à la consommation et du chiffre d’affaires du commerce de détail (pour l’ILC) ou du PIB en valeur (pour l’ILAT).
L’ICC alimente donc indirectement la quasi-totalité des révisions de loyers professionnels en France. Même les baux commerciaux indexés sur l’ILC ou l’ILAT restent tributaires de la trajectoire de l’ICC.
Concrètement, lorsque l’ICC augmente, la composante construction de l’ILC et de l’ILAT tire ces indices vers le haut, et inversement. Au troisième trimestre 2025, l’ICC affichait une valeur de 2 056, en baisse par rapport aux 2 143 du troisième trimestre 2024.
Baux commerciaux et ICC : clause d’indexation résiduelle et risque contentieux
Depuis la loi Pinel, les baux commerciaux conclus ou renouvelés ne peuvent plus être indexés directement sur l’ICC. L’ILC s’applique aux activités commerciales et artisanales, l’ILAT aux activités tertiaires. L’ICC reste toutefois applicable aux baux en cours qui n’ont pas été renouvelés et dont la clause d’indexation le mentionne explicitement.
Nous recommandons de vérifier systématiquement la rédaction de la clause d’indexation lors de toute cession de bail ou renouvellement. Une clause renvoyant à l’ICC dans un bail commercial renouvelé après la réforme expose le bailleur à une contestation par le preneur, qui peut exiger l’application de l’ILC ou de l’ILAT.
Pour les locations de parkings ou de garages, l’ICC demeure un indice de référence valide. L’article L. 112-2 du Code monétaire et financier autorise l’indexation sur un indice en lien avec l’objet du contrat, et la construction constitue un lien suffisant pour ces biens.

Évolution récente de l’ICC et lecture des tendances prix de la construction
Les valeurs publiées par l’INSEE montrent une trajectoire contrastée sur les derniers trimestres. Au premier trimestre 2024, l’ICC atteignait 2 227, son point le plus élevé des séries récentes. Il est redescendu à 2 056 au troisième trimestre 2025, soit une baisse annuelle de plus de quatre points de pourcentage.
Cette correction reflète le ralentissement des mises en chantier et la détente progressive sur certains postes de matériaux après les tensions post-pandémie. La lecture trimestrielle de l’ICC permet aux professionnels de suivre le cycle du coût de construction avec un décalage limité.
- T1 2025 : 2 146 (publié au J.O. le 2 juillet 2025)
- T2 2025 : 2 086 (publié le 24 septembre 2025)
- T3 2025 : 2 056 (publié le 17 décembre 2025)
- T4 2025 : 2 058 (publié le 26 mars 2026)
- T1 2026 : 2 084 (publié le 28 juin 2026)
La remontée à 2 084 au premier trimestre 2026 suggère une stabilisation plutôt qu’un retour aux niveaux de 2024. Les professionnels de l’immobilier qui suivent cet indice pour calibrer leurs opérations de promotion disposent ainsi d’un signal avancé sur les coûts de revient.
L’ICC conserve sa position de référence parce qu’il combine trois attributs qu’aucun autre indice ne réunit : une série historique débutant en 1953, une publication au Journal officiel avec force probante, et un rôle de composante dans les indices locatifs ILC et ILAT. Sa suppression ou son remplacement impliquerait de reconstruire l’ensemble de l’architecture d’indexation du droit français des baux, ce qui n’est pas envisagé.

